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DVD - L´île

DVD - L´île

LOUNGUINE PAVEL

DVD
Prix :
21,50 €
Disponibilité :
en stock, expedié sous 24h

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Editeur :
Procure Voir et Dire
EAN13 :
3333297604574
Notre référence :
52796

Présentation de l'éditeur
Carte d'identité du film :- Sortie : 2006- Genre : drame, religieux- Réalisé par : Pavel Lounguine- Avec : Piotr Mamonov, Viktor Soukhoroukov, Dimitri Dioujev, Youri Kouznetsov...- Distinctions : festival de Venise 2006 prix de l'Aigle d'Or, récompensant les films russes, et prix Nika.
Synopsis :Un monastère orthodoxe sur une île du nord de la Russie. Un moine perturbe la vie de sa congrégation par son comportement étrange. En effet, selon la rumeur, l'homme posséderait le pouvoir de guérir les malades, d'exorciser les démons et de prédire l'avenir... C'est en tout cas ce que croient les étrangers qui se rendent sur l'île. Mais le moine, qui souffre d'avoir commis une terrible faute dans sa jeunesse, se considère indigne de l'intérêt qu'il suscite...
Analyse de Pascal Ide, auteur de "La rencontre au cinéma", philosophe, prêtre de la Communauté de l'Emmanuel :Avec ce chef d'oeuvre, le cinéma russe filme une âme ravagée. Au ras de la tourbe et de la neige, plongée dans les affres charbonneuses d'une vie tourmentée.L'île raconte le chemin de rédemption d'un assassin. Soumis à une double contrainte perverse (le choix de Sophie : être tué ou tuer son capitaine), il a lâchement tué un homme courageux et généreux (on le voit partager sa nourriture).Devenu moine, il vit triplement isolé : sur une île au nord de la Russie; exclu par ses frères de communauté; mais plus encore s'excluant car rongé par le souvenir de son crime. Comment trouver le repos en dormant dans le charbon, marchandise que transportait le bateau où il a commis son crime ? Le père Anatoli cherche à réparer en multipliant non pas tant les miracles demandés par ses innombrables visiteurs que les actes de bonté : "la charité couvre une multitude de fautes" (1P4;8); plus encore il ne cesse de supplier le Dieu trois fois saint de lui pardonner, avec les paroles du psaumes 51 ou la prière du Nom de Jésus. Tel Mendoza dans Mission, il tire l'écrasant fardeau de sa culpabilité, osant à pein espérer le pardon de Dieu. Suprême délicatesse providentielle, il le recevra de la victime elle-même, comme un quasi-sacrement. Si tôt reçu, le "serviteur de Dieu" que le maître a trouvé prêt (cf Lc 12;43), entre dans le grand repos de Dieu (cf ps 95;11 et He 4;5). Dans cette interprétation un point essentiel demeure toutefois dans l'ombre : pourquoi le père Anatoli, si lucide sur le péché des autres, est-il à ce point aveuglé par le sien, au point de frôler la desepérance ? Celui qui ne cesse de répandre la miséricorde n'en est-il pas le premier bénéficiaire, au nom du primat de la charité à l'égard de soi ( cf Mc 12,31) ? Et si, au lieu d'être seulement sauvé, Anatoli était un sauveur sauvé ? Si au lieu de nous parler de la seule rédemption du moine, l'île narrait la manière dont Dieu nous rend fécond ? L'Esprit maintient cette âme simple dans l'ignorance pour lui permettre d'accueillir, en toute humilité, les charismes étonnants de thaumaturge, de prophète et d'exorciste, et d'ainsi diffuser le visage du Dieu-amour sans jamais rien s'attribuer, ni argent, ni mérite ? Plus profondément, moin humainement, le moine n'est pas tant obsédé par son salut que vivement conscient de tout recevoir de Dieu. Dès lors, décentré de lui, dans un état de profonde disponibilité, il accueille tous les charismes, charismes dont il a besoin pour sa mission. Voilà pourquoi il peut obtenir la conversion de son supérieur, et plus tard de son capitaine devenu général, sans jamais leur faire la leçon ni s'attribuer le moindre mérite.
L'identification à JésusN'oublions pas non plus d'autres éléments de la figure de ce moine si atypique, par exemple sa désobéissance apparente (du moins en tension avec une attitude d'absolue remise de lui entre les mains de son supérieur) ou son esprit facétieux qui va jusqu'à susciter l'accusation de scélérat et la colère de ses frères. Et si plus qu'une participation au Christ, ce film mettait en scène une identification ? Entre le moment ou le futur Anatoli est receuilli par les moines et celui ou nous le retrouvons, il se déroule à peu près 33 ans. Selon la spiritualité orthodoxe, la prière assidue du Nom de Jésus configure progressivement à celui dont le Nom coïncide presque avec son être. L'identification à Jésus s'opère sous la figure singulière et fameuse dans l'orthodoxie des "fols en Christ". Apparus très tôt dans l'Eglise, ces hommes et femmes, moines mais aussi simples laics ivres de Dieu, choisiss(ai)ent de vivre exilés de la raison. En réalité, ce qui apparaît fou aux yeux du siècle, répond à une logique, un Logos supérieur (1 Co 1, 18-31). Les gestes, les paroles et le silences du père Anatoli ne deviennent compréhensibles qu'à celui qui accepte d'être mesuré par une sagesse qui n'est pas humaine : si, apparemment, il n'écoute pas son frère lui demandant d'être tourné vers l'iconostase, c'est qu'il intercède déjà pour le monastère en feu; s'il enduit la poignée de suie, c'est pour décourager le frère Job et ainsi mieux répondre à l'appel de Dieu, etc. D'où aussi, cette singlière capacité caractéristique des fols en Christ, à arracher les masques (en particulier celui du désespoir) derrière lesquels se terrent les démons et à chasser ceux-ci avec l'efficacité promise à la prière pleine de foi (cf Mc 11, 24); d'où aussi cette réjouissante tendance à se moquer de son image (par exemple en se faisant passer pour paresseux ou obèse) et à se libérer de tout respect humain...ce qui rend ce drâme poignant étonnamment léger.Résolument spirituel, le film de Pavel Lounguine fait partie des ces très rares films qui fixent aussitôt -et définitivement- notre regard sur le noyau du Mystère : être sauvé ou être perdu. Et si l'île était au cinéma ce que L'idiot était à le littérature ?(Extrait d'Il est vivant !; N°253; octobre 2008)
 


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Direction artistique : Marie Van Haecke : www.marievanhaecke.fr